Allongée sous l’ombre
je compte les cerises
Un deux trois,
déjà endormie….
- écrit le 30 mai 2012, tableau "trace 95" par sounya
Je trace pour que cela devienne un signe.
- écrit le 30 mai 2012, tableau "trace 95" par sounya
SOUNYA PLANES : ENTRE ERRANCE ET URGENCE
Du 23-05-au 10-06-12, se déroule à l’ ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles) une exposition intitulée LE MOUVEMENT DANS L’ART. Cette exposition nous révèle le grand talent d’une artiste Française d’origine coréenne fort intéressante qui pratique simultanément la peinture ainsi que la poésie.
Ce qui caractérise, d’emblée, Madame SOUNYA PLANES, c’est que comme tout véritable créateur, elle œuvre dans l’urgence de l’instant. Et lorsqu’on l’interroge sur sa façon de se définir personnellement, l’artiste n’hésite pas à se qualifier de « matière errante » car l’ « œuvre » n’est en définitive que le couronnement de phases particulières de la vie.
En créant comme si son existence en dépendait, le mouvement devient le véhicule la conduisant vers l’instant aboutit se déployant dans une palette essentiellement constituée de couleurs tendres, opposées à l’omniprésence du trait noir, campé souvent à la verticale, telle une sentinelle surgie de l’intersection entre le geste et la vitesse. Exécuté à l’encre de Chine, le noir dont il est constitué donne le ton à la totalité de la composition. Jeté sur la toile l’espace d’une poignée de secondes, l’artiste se lance alors dans une course folle contre le temps pour que l’encre constituant le trait noir n’envahisse pas ou à peine (s’il s’agit d’une invasion volontaire), les autres plages chromatiques. Le jet naît de la vitesse et le résultat prend la forme d’ « instantanés ». Quelques secondes pour doser la quantité d’eau préparant l’aquarelle et le combat avec l’encre de Chine pour que celui-ci soit circonscrit dans la zone du tableau explorée s’engage.
Les œuvres exposées par Sounya Planes sont accompagnées par des poèmes qu’elle a soit écrits en Français ou traduits directement de la langue coréenne.
L’œuvre intitulée TRACE 96 (45 x 47 cm)
est accompagnée du texte suivant :
L’ombrage verdoyant
le chant des cigales
beaux et chatoyant
de jour en jour
Qui de ce monde
pourra imaginer
l’enchantement
de savourer seule
cette gracieuse chanson ?
SHIN BOUYONGDANG (1732 – 1791 femme de lettré)
« L’ombrage verdoyant…» le vert est, en ce qui concerne le tableau, la couleur dominante, exprimée en variations. Aperception ou réalité, l’esquisse d’une forme familière comme celle d’un visage apparaît au détour d’un semblant d’œil écarquillé, plongé dans une zone sombre où le vert primitif se laisse volontairement envahir par le noir de l’encre de Chine.
POINTS. A LA LIGNE 3 (29 x 40 cm)
nous offre un discours similaire mais en plus élaboré. Le trait noir, constitutif du style de Sounya Planes, prend sa source en haut de l’image et force est de constater que le tracé est chargé de matière, laquelle, une fois atteint son milieu, se dilue pour atteindre un langage d’une rare élégance, hérité de la calligraphie ancienne. Au fil de sa course, le pinceau se vide au fur et à mesure de sa matière, pour composer une série extrêmement fine de traits, à peine esquissés, tracés à égale distance, comme pour signifier l’évanescence de toute chose. Et cette expression hautement poétique et philosophique de l’existence se réalise, ne l’oublions jamais, dans l’urgence vitale du moment, pris en tenailles entre le geste et la vitesse.
Les textes traduits repris dans la Galerie ont tous été écrits par des femmes. Ils expriment, en filigrane, la situation sociologique de la femme coréenne, caractérisée par l’illettrisme et l’infériorité sociale dans laquelle cette dernière était plongée dans le passé.
Mais le souvenir peut être également le moteur créatif de Sounya Planes :
La chemise rose
en popeline de maman
sentait la houppe à poudre
enfoncée la tête dans sa poitrine
j’y frôlais ma joue
Les petites belles-de-nuit blanches
riaient aux éclats
sur sa chemise rose
en popeline
(Sounya Planes)
Ce texte trouve son origine dans un souvenir d’enfance. De la sensualité du contact entre la peau de sa mère et la sienne. De la douceur qui en a résulté et qui revit dans la chair de la mémoire.
Cette douceur et sensualité se retrouvent exprimées dans TRACE 61 (34 x 13 cm).
Texte et peinture naissent indépendamment l’un de l’autre. L’un étant une création sans aucun rapport avec l’autre, sinon dans l’interprétation personnelle d’un souvenir.
Jamais l’artiste ne se livre à l’ « illustration » d’un texte ou vice versa car peinture et poésie sont, par essence, indépendants et l’une ne saurait en aucune façon servir de « signifié » à l’autre.
Sounya Planes n’a jamais fréquenté les Beaux-Arts. Son père, lui-même peintre, fut son mentor. Ce dernier lui inculqua, entre autre, l’amour pour la tradition picturale cultivée exprimée par l’importance de la calligraphie ancienne de son pays d’origine.
Cela se constate (comme nous l’avons mentionné plus haut) dans l’utilisation qu’elle fait de l’encre de Chine, lequel par l’importance de la trace laissée par le pinceau, confère à la composition l’élégance voulue par le jaillissement d’effets aussi différents que magiques. L’artiste confesse aussi son attirance irrépressible pour l’existence du vide qu’elle considère, à fort juste raison, comme étant plus vital que le plein, car il reste à créer, par conséquent à définir. Cette dialectique entre plein et vide n’est que l’expression picturale du yin et du yang. Et le résultat est que à l’instar de TRACE 92 (45 x 29 cm),
le visiteur peut, s’il n’y prend pas garde, s’abandonner à la tentation d’y voir une œuvre figurative…Néanmoins, si nous prenons connaissance du texte, nous sommes subjugués par le rapprochement « figuratif » entre la poésie et l’image :
Dans le calme de la nuit
puisant de l’eau limpide
je vois la pleine lune
surgir du puits doré
je reste debout
en silence
l’ombre du feuillage
oscille au vent
KIM SAMEDANG (1769 – 1823 femme de lettré)
En comparant le texte à l’image, nous prenons conscience de la force considérable de l’artiste qui consiste à créer l’illusion d’une aperception chez le visiteur comme lorsque son regard scrute
les nuages pour en retirer des formes.
Précisons que ces textes sont extraits du recueil de Sounya Planes intitulé : AINSI CE MONDE DEVIENT CELESTE, édité par l’artiste.
Le mouvement dans l’Art. Voilà un terrain dont il est extrêmement risqué de s’engager ! Car parler du « mouvement », c’est parler de l’Art dans ce qui constitue le noyau de sa dynamique. Le mouvement est dans tout. Même dans le statique car il faut l’amorcer d’abord pour le figer ensuite. Le mouvement est perpétuel. Il ne s’arrête jamais, en ce sens qu’il se poursuit dans l’imaginaire de visiteur. Si la beauté est, comme dit l’axiome, dans l’œil de celui qui la regarde par la perception qu’il en a, le mouvement, lui, s’inscrit dans la nécessité intrinsèque que constitue l’humain à le « dépasser », à le « prolonger » dans une « immortalité » toute humaine, et lui assurer d’infinis possibles.
François L. Speranza.
- Dans Arts et Lettres : lien Ici
Sous la neige blanche de fleurs de poirier
Courir
aux pas de chiot
Se propulser
sur le tapis blanc
Croquer
les pétales entre les langues
Faire échapper
les mots dissimulés
Eclater de rire
Arrêter de rire
Attendre les échos
I love You….
- écrit le 22 mai 2012, tableaux "traces et signes 81" par sounya
Fragment d’un souvenir rouge
Il neige dehors
La fille contemple son manteau rouge en nylon accroché sagement au mur
Le rouge enivrant l’aspire et ses petits yeux noirs s’enflamment
La fille ne sort pas de peur que la couleur du manteau soit ternie par la neige comme celui d’une copine
Le rouge s’en allait avec les flocons fondus
Elle reste à la maison, les yeux suspendus sur le manteau
Les chiots sautillent entre les enfants qui se farinent de neige
- texte écrit le 22 avril 2012, tableaux "Trace 2" par Sounya
Les tableaux d'encre de chine de Sounya et des poésies seront exposés.
L'exposition se tiendra du 23 mai au 10 juin.
L'adresse: Rue Lesbroussart, 35 à 1050 Bruxelles
Sounya est très heureuse de présenter ses oeuvres à Bruxelles, une grande ville d'amateur d'art.
- Texte et tableau par Sounya
- texte écrit le 24 avril 2012, tableaux par sounya
Praque existe pour l'amour
La douleur de Kafka sera soulagée....
- dessin du Pont Charles par Sounya
Couleur
sans visage sans nom
ni loin ni près
vêtue de choses
me murmure sans parole.
- poésie et tableaux dans "Traces et Signes" de Sounya
- texte et tableau: Sounya
Sounya peint et écrit
Fille du peintre coréen Wondang (원당 황인현)
Sounya peint depuis son enfance.
Livres
Ainsi ce monde devient céleste
Poésies anciennes de femmes coréennes
traduites, illustrées par Sounya
Disponible: sur Fnac
Traces et Signes
Poésies et tableaux d'encre de chine de Sounya
Editions Alternatives
Disponible chez Editeur Sounya
Exposition: Traces et Signes
Actuellement au Centre d'Ailleurs
Jusqu'à 28 juillet 2012
Cahvarot
63520 Saint Jean des Ollières
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