La poudre de vent pleurait.
Personne ne l'a entendu.
- tableau: 100 x 70 cm, encre de chine sur papier, texte de sounya. 11 janvier 2008.
Je trace pour que cela devienne un signe.
L’air se remuait
après un long bâillement.
Le reflet rose s’éclatait
autour du soleil levant.
Comme toujours
son sourire était éblouissant
lorsqu’elle m’a demandé de le regarder :
« Oh, la pleine lune ! »
La mère bien aimée.
Le temps l’a emporté.
- 4 décembre 2008, sounya
Dans l’opacité des souvenirs
qui s’enfuient
une sombre étincelle du présent
s’évanouit.
-
23 décembre 2008, sounya.
Ceci est un extrait de La femme de la brasserie dans Pinceau ivre.
Ses grands yeux noirs étaient devant moi, juste à quelques centimètres. Un souffle froid sortait de sa bouche parfumée d’une odeur inconnue. J’étais ensorcelée. J’allais être transformée en une poupée Kabuki.
J’ai ressaisi mon esprit en secouant la tête. Cette fois-ci, je voyais la réincarnation de « La renarde blanche ».
Selon la légende, cette renarde blanche avait une queue de neuf mètres de longueur et elle se transformait en femme à minuit précis. Elle sortait de la forêt pour aller chasser sa proie du jour. Une fois qu’elle avait repéré un jeune homme, elle le séduisait et faisait l’amour avec lui avant de le dévorer. Elle ne laissait de lui que des fragments d’os et des cheveux. Tous les hommes tombaient sous son charme irrésistible, et ils n’hésitaient pas à lui donner leur vie juste pour une seule nuit de délice.
— La Renarde blanche…, murmurais-je.
— Qu’est-ce que tu disais? m’a-t-elle demandé.
Papa ne sortait plus de la chambre. Toute la journée, on entendait les rires des deux amoureux. L’homme riait « Ha ha ha…. », et la femme « Ho ho ho…. ».
C’était bien normal. Avec une telle beauté, il avait raison d’être si amoureux.
Bravo, papa !
Elle
se levait avant tout le monde, et elle se maquillait aussitôt. Elle se couchait après tout le monde. Personne n’avait vu son visage démaquillé. Toujours bien nippée, elle avait l’art d’entretenir
le secret de sa beauté. Tous les matins, une sylphide au masque de Kabuki me réveillait en me caressant le front de sa main blanche. Ses ongles longs vernis en bleu grattaient délicatement mes
cheveux. Quand j’ouvrais les yeux, la beauté fantomatique me souriait. Tous les jours. Et j’adorais ça.
...........
La femme de la brasserie brisera mon rêve....
- Sounya qui l'aime encore.
Le réel est enfermé dans un petit miroir
Il n’y a pas d’issue
Choisis donc entre
Disparition et transformation en une autre matière.
- texte et photo de sounya, 16 décembre 2008
Sur la place du parc
Une fille crie en courant
« Maman, je fais la course avec une feuille rouge ! »
Les bancs vides se réveillent
Un vieillard assommé sursaute
La feuille rouge s’envole
La nostalgie tourbillonne
- 15 décembre 2008, sounya
- tableau: 88. 50 x 40 cm, encre de chine, aquarelle sur papier. Sounya.
D’où vient la brise ?
Du souffle de la femme
qui désire,
derrière les pas de l’homme
qui s’exalte.
De leurs lèvres entre-posées,
de leurs cheveux entre-mêlés.
Et d’un léger chuchotement
qui se roule entre les langues.
- 2 décembre 2008; écrit par
Sounya.
Sounya peint et écrit
Fille du peintre coréen Wondang (원당 황인현)
Sounya peint depuis son enfance.
Livres
Ainsi ce monde devient céleste
Poésies anciennes de femmes coréennes
traduites, illustrées par Sounya
Disponible: sur Fnac
Traces et Signes
Poésies et tableaux d'encre de chine de Sounya
Editions Alternatives
Disponible chez Editeur Sounya
Exposition
Exposition "Ainsi ce monde devint céleste"

Les poésies anciennes de femmes coréennes
illustrées par Sounya.
Date: 11 janvier - 18 mars 2012
Lieu: Entrepôt Paris 14ème
Rensignements: www.lentrepot.fr
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