Pinceau
ivre
roman
SOUNYA
Un roman de Sounya qui va probablement sortir au début du décembre.
Le roman est inspiré de l'histoire de mon enfance. Mais il est loin de mes expériences vécues. C'est une pure création littéraire.
Voici quelques extraits....
Je suis la fille de l’homme nuage.
Il était l’ami des montagnes et de la mer, du ciel.
Il écrivait des poésies et peignait des tableaux auxquels personne ne faisait attention.
Les artistes sont des parasites de la société, me disait-on.
A sept ans et demi, je décida résolument de ne jamais devenir artiste.
Néanmoins le destin en décida autrement.
"— La surprise! a-t-il dit avec un sourire
liant.
J’ai regardé la tache rouge imprimée sur le papier.
— C’est mon nom! ai-je crié.
C’était bien mon nom qui ressemblait à un pétale de prunier rouge sur la neige d’avril, ou à
une tache de sang frais tombée sur une robe de mariée.
J’étais éblouie et excitée par la tache rouge, et presque
enivrée.
J’ai pris le sceau et tamponné plusieurs fois sur le papier. Les pétales
de prunier rouges sont apparus partout, et elles ont commencé à danser à pas feutrés, puis à voltiger autour de moi.
Je ne savais même pas où étaient mes yeux.
— Alors, ça te plaît?
C’est à ce moment où il m’a demandé si ça me plaisait que je suis sortie
de l’excitation.
Et aussi, à ce moment là que j’ai été prise par son regard si tendre et si
affectueux.
J’avais l’impression d’être enlacée par lui.
— Ca te plaît pas? m’a-t-il redemandé.
— Si, j’aime bien, ai-je répondu à peine.
Je suis sortie précipitamment de sa chambre.
J’ai couru jusqu’à la plage en serrant fort mon
poing.
Lorsque j’ai ouvert ma main, mon sceau qui venait d’être sculpté, en avait
rougi la paume. Comme si un ciseau avait ouvert là une petite plaie saignante. "
- extrait de Pinceai ivre, sounya
"J’avais sommeil. Je me suis allongée et je voyais le visage du bossu à l’envers. Il me
regardait de temps en temps avec ses yeux rieurs. A l’envers.
Devant mes yeux, le pinceau de papa faisait apparaître des fleurs
rouges de prunier. Enflammé par l’émotion ou la passion, je ne savais pas trop, il voulait absolument peindre. J’ai essayé de garder les yeux ouverts. Mes paupières tombaient toutes seules. Je
me suis frotté les yeux. Le bossu a pris ma tête avec ses mains et l’a posée sur son genou. Son genou était tout
maigre.
Papa écrivait quelque chose à
côté des fleurs rouges. Je me perdais dans le noir. Les écritures s’évaporaient une par une. J’entendais la voix de bossu qui appelait mon nom. Mais sa voix était trop lointaine et
confuse.
Je lui ai demandé :
— Pourquoi m’appelles-tu de si loin ?
Il ne me répondait pas.
— Viens, je ne t’entends pas, l’ai-je prié.
Une main caressait mon front. J’ai pris la main et l'ai amené sur mes lèvres. Ses
doigts touchaient mon nez. J’ai reniflé. Une onde de vertige se propageait en moi.
J’ai chuchoté :
— C’est à toi, cette main ? "
-
extrait de Pinceau ivre, sounya
"Il a sorti ses pinceaux et la pierre à encre. Ensuite il a pris la bouteille de saké, et en a versé sur la pierre.
— Mon pinceau a soif d’ivresse. Ivresse des couleurs, ivresse des poésies.
J’ai pris le bâton d’encre et commencé à frotter sur la pierre.
— Vois-tu quelque chose ? m’a-t-il demandé. C’était une vieille
habitude.
J’ai regardé attentivement l’eau qui se transformait en encre. Elle
n’était ni transparente ni opaque, ni blanche ni noire. La surface de l’eau brillait plutôt en argenté. J’ai déplacé un peu les yeux. Cette fois-ci, je voyais un ciel nuageux. Je voyais
aussi un lac paisible et calme. Et encore une forêt de bambous où le vent passait en susurrant, un espace inconnu où des milliers d’ étoiles clignotaient. Petit à petit un vide est apparu, un
néant, la quiétude….
— Oui, je vois des choses, papa, lui ai-je répondu.
— Dis-moi, que vois-tu ?
— Je vois ce que j’imagine.
— Bingo ! C’est la fenêtre de ton imaginaire.
— Mais pourquoi, je vois le vide à la fin ?
— Cela veut dire que tu es prête à peindre."
- extrait de Pinceau ivre, sounya
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Mardi 10 juillet 2007
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10:35
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