Je n’ai rien fait

 

 

Entre tes lèvres

l’éclat  de rire rouge vif

joue à cache-cache.

 

Envie de l'attraper

pour croquer sur ma langue

qui ne rit pas.

 

 

 

                                                 

Cet après-midi, ma sœur a voulu m’emmener à l’église.

J’étais doublement curieuse. D’abord, elle avait horreur de moi qui la collais tout le temps comme une punaise. Elle faisait tout pour se débarrasser de moi. En outre, elle me disait que l’église était un temple de drague, et que les jeunes filles et les garçons du village y allaient pour flirter.

— Là-bas ils font des trucs interdits. Les garçons et les filles se donnent la main sans pudeur, disait-elle.

Quand mamie nous a fait remarquer que Jésus était un dieu occidental, fait pour les occidentaux, et qu’il était inutile d’aller à l’église, ma sœur s’est défendue en lui disant :

 — Jésus est quand même très gentil. 

 En fait, elle m’a expliqué que là-bas, on donnait gratuitement des bonbons aux enfants, et j’ai tout de suite été intéressée. Elle devait m’emmener avec elle parce qu’il y aurait des récompenses copieuses pour ceux qui parraineraient de nouveaux enfants. Dans tous les cas, j’étais motivée.

A la maison, mamie cache les bonbons au grenier fermé à clé. Elle nous en distribue quelques uns seulement une fois par semaine.

— Sinon, vous auriez les dents pourries, disait mamie d’un ton sévère.

Voilà pourquoi j’étais si attirée par l’église.

 

 

Nous avons traversé le centre du village.

Ma sœur m’a donné la main, et elle ne savait pas à quel point j’ai été touchée. Elle m’a même souri d’un air sincère et fraternel. Ces petits gestes chaleureux  suffisaient pour que j’oublie tous les mauvais souvenirs.

Ma sœur que j’admirais tant!

Elle avait le sens de l’économie. Dans son porte monnaie, il y avait toujours de l’argent à prêter aux enfants du village. Plus tard, les enfants le lui rendaient avec les intérêts : des bonbons, une barrette, un stylo à plume, etc. Dans son tiroir secret, il y avait des friandises et du maquillage, et des accessoires de toutes sortes. C’était elle, la championne au jeu d’élastique et à la corde à sauter.

Elle s’habillait comme une princesse avec plein de coquetterie.

Moi qui n’étais bonne à rien dans ces domaines, je la tenais en haute estime.

En marchant à côté d’elle, je l’ai regardée avec respect. Sa simple présence m’illuminait.

— Arrête de me regarder comme ça. Tu veux ma photo ?

Elle a secoué ma main, mais sans s’énerver. Une poignée de nuage s’était posée sur sa tête et traçait autour d’elle une auréole arc-en-ciel.

— Regarde-moi bien !

Après un moment de mâchonnement préparatif, elle a gonflé une énorme bulle de chewing gum.

 — Whaou !

J’ai poussé un cri d’exclamation.  

Elle est restée un moment avec la bulle gonflée plus grande que sa tête. La bulle blanche translucide oscillait légèrement au bout de ses lèvres. Elle était tellement grande que ma sœur allait s’envoler avec elle dans le ciel bleu clair. Ses pieds étaient à peine posés sur terre.

Angoissée, je lui ai crié :

— Eclate-la !

Elle a fait éclater la bulle en la faisant rentrer dans sa bouche à une vitesse impressionnante, en manipulant habilement sa langue. En même temps, une grosse bulle d’expiration s’est échappée de ma poitrine gonflée.

— T’en veux ?

Elle a arraché un morceau de chewing gum en me souriant comme un tournesol épanoui. J’étais devenue confuse et hésitante : sa gentillesse était décidément inhabituelle.

— Ouvre ta bouche, m’a-t-elle ordonné.

J’ai fait ce qu’elle voulait. Elle a posé le petit morceau de chewing gum sur ma langue. Je sentais un peu le goût salé de son doigt, mais cela ne m’a pas beaucoup gêné. Le chewing gum avait un goût de rien du tout, je n’étais pas non plus déçue. Au contraire, j’ai été comblée d’un sentiment de partage et de complicité.

 

L’église n’était pas grande comme le temple bouddhiste. C’était juste une petite salle avec un plafond assez haut, et quelques bancs alignés sur deux rangs. A la place des moines à la tête rasée, il y avait un monsieur en costume noir avec une cravate rouge, les cheveux coupés style gentleman. Ma sœur m’a dit que c’était le pasteur. Il sentait fort la pommade de ses cheveux. Il en avait mis trop.

Assise à côté de ma sœur, j’ai roulé mes yeux de tous côtés, et j’ai découvert sur le mur le portrait d’un jeune homme occidental aux yeux bleus. Ses cheveux bruns tombaient sur ses épaules. Ma sœur m’a chuchoté :

— C’est Jésus.

— Il est américain, n’est-ce pas ?

— Oui, sûrement.

Le visage de Jésus ne m’a pas beaucoup surpris. J’ai vu les soldats américains qui avaient les mêmes yeux et le même nez que lui. De temps en temps on voyait quelques soldats américains qui venaient au village avec un camion militaire. Les enfants les suivaient en criant :

— Hello ! Monkey ! 

Et ils leur donnaient des barres de chocolat.

— Vous êtes mignons ! disaient-ils avec la langue tordue.

J’étais curieuse de savoir si Jésus serait aussi velu que les soldats américains qui étaient couverts de poils marron comme des singes.

Jésus me donnerait-il aussi des chocolats si je l’appelais : « Monkey » ?

 

Le pasteur était accueillant. Sa femme était aimable. C’était comme si on faisait partie de  la famille. J’ai apprécié la mélodie de l’orgue qui résonnait légèrement. C’était un peu triste, mais gracieux.

Mais j’ai commencé à me perdre dans la confusion au moment où le pasteur a voulu prier spécialement pour moi. Il a demandé à tous les enfants de fermer les yeux et de prier pour un bébé mouton qui était venu pour la première fois. Le bébé mouton c’était moi. Je n’ai pas fermé les yeux. Je ne lui ai pas obéi. Les yeux grands ouverts, je l’ai regardé tout droit.

Les bras levés vers le haut, la tête baissée, il a commencé à prier.

— Mon père dans le ciel ! Aujourd’hui encore, un petit mouton perdu dans le désert est venu vous chercher. Bénissez le avec amour, pardonnez ses pêchés. Je vous en prie, Mon Père, guidez-le vers le chemin de la Lumière.

Sa voix submergée par l’émotion vibrait pathétiquement. Mais je n’étais pas du tout contente. Il avait déclaré devant tout le monde que j’étais un bébé mouton perdu, tandis que je ne me sentais pas du tout perdue dans un désert.

Comment pouvait-il me considérer comme un mouton ?

Est-ce que je ne valais pas mieux qu’un petit animal perdu dans un désert ?

Après la prière, la situation s’est gâtée davantage. Le pasteur a dit que Jésus était mort à cause de nos péchés. Il a parlé aussi d’une femme créée par le dieu, qui avait volé une pomme dans son jardin. Elle l’avait partagée avec un homme. Le pasteur a expliqué aussi qu’en raison de ce péché originel, les humains avaient été punis par dieu. Et pour être pardonné, il fallait croire en Jésus.

J’étais en colère.

— Je n’ai rien fait, moi !

Retentissait au fond de moi un cri fâché.

Ce n’était pas moi qui avais volé la pomme de Dieu !

Pourquoi ce serait moi qui devais payer le péché des autres? Pour juste une pomme volée, le Dieu de Jésus comment pouvait-il être aussi radin ?

J’ai essayé de chercher des bêtises que j’avais bien pu commettre à mon insu. Mais je n’ai pas réussi à trouver quelque chose qui pourrait ressembler à un péché.

— Non, je n’ai rien à me faire pardonnée. C’est sûr ! En plus, je ne suis pas un mouton, je n’ai pas besoin d’un berger !

 C’était clair. Le pasteur était en train de raconter n’importe quoi.

J’ai donné des petits coups de doigt au bras de ma sœur.

— On rentre à la maison ?

— Chut !

Elle a posé son index sur ses lèvres et m’a fait signe de me taire en clignant des yeux.

— Non, je veux rentrer à la maison, ai-je insisté.

Embarrassée, elle m’a pincé fort la cuisse tout en gardant un maintien des plus sérieux.

— Aïe !

Je n’avais plus de choix. Je devais rester.

La douleur montait comme un courant électrique jusqu’à ma tête. J’ai remonté ma jupe. Ma cuisse était devenue toute rouge. J’allais avoir un beau bleu. J’ai regretté d’avoir suivi ma sœur, de l’avoir cru encore une fois. Dès lors, il fallait supporter le pasteur qui m’avait traité de pécheresse.

Résignée, j’ai regardé à contre cœur le portrait de Jésus. Il avait un regard bleu innocent. Les cheveux bruns, les lèvres roses, le nez fin et féminin, la barbe doucement ondulée, il était un jeune homme charmant. J’aurais pu facilement tomber amoureuse de lui.

L’office s’est terminé par un chant mélancolique.

Ensuite, les gens ont récité tous ensemble un texte. Ils ont demandé à Dieu encore une fois de les pardonner, et de leur donner à manger tous les jours.

Moi, j’étais contente que ça soit terminé.

Le pasteur m’a donnée deux sucettes : l’une à la fraise, l’autre au miel. Ma sœur qui m’avait parrainé avait eu deux sucettes comme moi et en plus une boite de crayons de douze couleurs.

— Vous reviendrez sûrement la semaine prochaine, n’est-ce pas ?

La femme du pasteur nous a serré la main. Elle a dit que la semaine prochaine, on travaillerait encore sur la Bible, et qu’on aurait beaucoup de récompenses. 

 

— Tu vois ? Qu’est-ce que je t’avais dit ?

Ma sœur m’a secoué le bras, toute satisfaite. Ses yeux pétillaient. La sucette à la fraise a coloré sa bouche en vermeil. Elle a ri aux éclats. Entre ses lèvres, je voyais ses dents et sa langue recouvertes de salive rouge. Elle ressemblait à une petite ogresse.

— On reviendra la semaine prochaine, d’accord ? m’a-t-elle demandé.

La sucette au miel fondait tout doucement sur ma langue indécise. J’avais juste envie de croquer la petite boulle de sucette qui était trop mielleuse.

J’ai hésité un moment.

Et puis.

— Croc !

 

 

 

- écrit en 2008 par sounya.

 

 

 

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 13:43

                                                                                          

 

La saison d’azalée

 

 

                                             Fais-moi un baiser flottant

                                             sur le ciel blanc en soie

 

                                             Laisse-moi goûter

                                             sur le nuage cotonné

                                             tes lèvres de grenadine 

 

 

La terre s’étire dans la brume d’une douce chaleur. Les azalées, les forsythias et les herbes fraîches ont inondé la poitrine de la petite montagne, tandis que sur les champs, les fleurs de poirier se sont étendues comme les flocons de neige.

Partout des taches roses et jaunes sur fond vert délicatement diluées. Tout est noyé dans cette exaltation tendre de couleurs et de parfums printaniers.

Je me sens inerte. Il me paraît impossible de bouger même le bout d’un seul doigt.

Je m’allonge sur les herbes. 

— Tu ne cherches pas le trésor ?

Une amie me crie en passant près de moi en courant. Sa jupe en satin rouge se soulève, et je vois sa culotte blanche.

Ai-je entendu quelque chose ?

C’était tellement instantané et incertain que je me demande si je ne suis pas dans un rêve. Il faut que je me réveille et que j’aille chercher le trésor. Mais le soleil me couvre comme un drap de duvet. Je me sens de plus en plus avachie.

De loin, j’entends un cri de joie. 

— Je l’ai trouvé !

L’amie à la jupe rouge revient et se jette sur moi en haletant. Cet odeur de cacahouète sucré…, je la connais : elle a mangé le « Bonbon de pupille ». 

— Regarde, je l’ai eu !

Elle agite un petit ruban blanc devant mes yeux.

— J’ai gagné un stylo à plume, c’est écrit ici, le vois-tu ?

Sur son front, sont collées quelques mèches de ses cheveux mouillés de sueur. Ses narines palpitent. Son haleine chaude s’échappe de son corps essoufflé.

— Moi, je vais aller voir les gens danser.

Elle part en courant. N’est-elle vraiment plus là ? Etrange que l’image de son visage rougi de chaleur soit encore là, devant mes yeux. Superposée sur le ciel indigo, son image flotte comme un reflet d’eau. Je tends mon bras en agitant vers le ciel. Son visage clapote et disparaît dans le bleu.

Il faut que je me lève pour aller voir danser les gens.

 

 

Sur le plateau de la montagne, tout le monde danse.

Les mamans et les papas, les enseignants de l’école, le Monsieur gardien et sa femme, quelques mamies et papis, le clochard du village. Personne ne semble être gêné par la mélodie ringarde du mambo qui bourdonne comme la voix d’une grand-mère enrhumée. Je crois que c’est le moment de changer la radio cassette de l’école.

Les enfants déambulent autour des adultes qui se laissent aller. Quelques gamins grignotent des pattes de calamars séchés. Il faut dire que ça pue. Mais quelle importance ? C’est le jour du grand pique-nique. Aujourd’hui, il m’est permis également de boire du Coca-cola qui, selon maman, est une boisson nuisible pour la santé.

Autour des enfants, des marchands ambulants crient pour attirer les clients.

— Pattes de calamars !

Parfois la concurrence les oblige à innover :

— Ici, c’est des pattes de calamars grillées sur le charbon !

— Calamars séchés, grillés, la peau enlevée !

Les marchands de sucette, de pop-corn, de ballons, de pistolet à eau…, ils sont venus pour faire un chiffre d’affaire avec l’argent de poche des enfants.  S’il y a un client à qui aucun marchand ne réussira à vendre quoi que ce soit, c’est ma sœur. Elle ne sortira pas une seule pièce de son porte monnaie, déjà suffisamment lourd, alors que les autres  et moi profitons à volonté du plaisir de dépenser. Cela nous a beaucoup manqué.

Sous l’ombre d’un vieux sapin, le marchand de caramel prépare son spectacle. Ses caramels ont un goût tout à fait médiocre. C’est tout de même lui qui attire le plus d’enfants. Il n’essaie pas de vendre ses caramels — de toute façon ça ne marchera pas —  mais il nous offre un spectacle très amusant en faisant claquer les lames de ses énormes ciseaux. La paire de ciseaux émet un son particulier qui ressemble un peu à celui d’une cymbale cassée.

D’abord, il commence sur un rythme lent et régulier en entonnant « Le chant de caramel ».  Petit à petit, sa voix subtile et fragile prend de la force, et change brusquement de ton. Le rythme de claquement des ciseaux devient rapide et irrégulier. Le chanteur tourne plusieurs fois sur lui-même et s’arrête brutalement. Puis il lance la paire de ciseaux en l’air, et tourne encore une fois pendant que les ciseaux retombent en tourbillonnant. Les enfants ont peur qu’il ne se blesse en rattrapant les ciseaux. Ils tremblent, certains serrent la poitrine.

Imperturbable, le marchand de caramel lève le bras en poussant un cri pour se concentrer. A la retombée des ciseaux, son pouce et ses quatre doigts se glissent souplement dans les deux anneaux, juste à la bonne place.

— Oui, oui ! s’exclament les enfants.

Sous un tonnerre d’applaudissements, le marchand de caramel enlève son chapeau en paille et salut ses clients.

Qui pourrait partir sans acheter son caramel après avoir vu un tel spectacle?

Les enfants sortent des pièces avec plaisir — tous  sauf ma sœur. Moi, j’achète une tranche de caramel aux sésames, le seul qui ait un goût à peu près correct.

 

 

Au milieu des gens qui se déhanchent en tournant dans tous les sens, je remarque soudain la chemise rose de maman. Elle danse avec quelqu’un. Ses joues ont pris la couleur d’azalée comme si elle était légèrement ivre. Son partenaire a posé le bras sur les épaules de maman et elle sourit en lui retournant un regard complice. Je veux savoir à qui sourit-elle d’une manière si tentatrice. A qui ?

 

Je m’en doutais, c’est mon maître !

Habillé en costume cravate même le jour du pique-nique !

 

Je me rappelle maintenant. Pendant la cérémonie du lundi dernier, il m’avait chuchoté :

— Sais-tu que tu es belle c­omme ta maman ? 

Intriguée, je ne savais pas quoi répondre. Me voyant embarrassée, il a pincé mon nez avec ses doigts mais sans me faire mal. Et il a murmuré :

— Coquine !

Au bord de ses lèvres, est apparu un sourire affectueux. 

— C’est bientôt le pique-nique, n’est-ce pas ?

Il m’a posé cette question d’une voix presque inaudible. Il riait bêtement et son regard était flou et absent. Je trouvais qu’il était un peu dans la lune.

A présent, le voilà excité comme un jeune cheval, il cabriole à côté de maman.

Brusquement il la prend dans ses bras et la relâche aussitôt. Maman fait semblant de ne pas être surprise. Elle remonte ses mèches tombées sur son visage. Ses éclats de rire se dispersent entre les mélodies de Rock’n’roll.

Elle passe sous le bras de mon maître qui la rattrape tendrement sur son dos. Il la serre un moment et elle s’échappe en pivotant plusieurs fois. Cette fois-ci, ils se tendent la main et se rapprochent pour tourner ensemble. Leurs jambes se croisent et se frottent. La cravate bleu marine de mon maître s’agite au vent en effleurant la chemise rose de maman. Elle est illuminée d’un sourire exquis. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareille. Avec ses joues empourprées, on pourrait la prendre  pour une adolescente toute timide.

Ne seraient-ils pas amoureux par hasard ?

 

Hier soir, maman a longtemps soigné son visage après nous avoir annoncé qu’elle avait pris un jour de congé spécial pour venir au pique-nique.

— Moi aussi, j’ai envie de connaître ce que c’est un repos, a-t-elle dit en étalant sur son visage de la crème ; la marque de celle-ci était la fameuse « Amore ».

Après une longe séance de massage, elle est restée allongée pendant plus d’une demi-heure, avec le visage couvert de tranches de concombre.

Avant d’aller se coucher, elle nous a embrassés affectueusement un par un. Un énorme tas de bigoudis était collé sur sa tête. J’étais étonnée qu’elle ait décidé de dormir avec une tête pareille.

J’étais avant tout ravie, parce que mamie ne viendrait pas au pique-nique avec nous. J’ai passé une nuit agréablement détendue. Ni pipi au lit, ni cauchemar. Une grande bouffée d’oxygène.

Ce matin en montant à la montagne, je me suis retournée plusieurs fois pour voir si ce n’était pas mamie qui nous suivait et c’était bien maman qui levait la main pour me signaler qu’elle était là. J’étais gonflée de joie.

A notre arrivée, mon maître a sifflé plusieurs fois pour que les enfants gardent une file bien droite, mais personne ne l’écoutait. Finalement il a sorti un harmonica et rangé son sifflet dans sa poche. Il a commencé à jouer « Le printemps de mon village » et nous chantions ensemble sur la mélodie de l’harmonica. Les oiseaux sifflotaient les refrains. Les ruisseaux gazouillaient, et la montagne nous écoutait silencieusement. Au-dessus des fleurs d’azalée, deux papillons se faisaient la cour. Les ailes se frôlaient, les deux corps virevoltaient. Une fois, deux fois, trois fois.

Enlacés, il se sont posés sur un pétale.

Les azalées s’enflammaient.

 

    - écrit en 2008. sounya

 

  

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Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 22:21

 

 

Sur tes joues

tes paroles sont liquéfiées.

 

Les mots dégoulinent,

brillent dans l’obscurité

 

Veux-tu que je pose

mes lèvres sur ta joue ?

 

- Ecrit le 18 novembre 2010, sounya

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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 09:39

 

 

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Une trace et un signe?

 

Le silence était  long.

Ma main ne m'appartient pas, parfois il faut le souffle de la nature créatrice qui vient de loin.

 

 

  - tableau: 120 x 180 cm, encre de chine, pastel sur toile. le 20 janvier 2011, sounya

 

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Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 17:50

 

 

Dans le jardin d’hiver

le soleil est encore bas.

Suis-je raisonnable,

d’entendre déjà le frémissement

des bourgeons impatients ?

De voir déjà

sur le mur glacé

le sourire espiègle

d’un chaton endormi ?

 

- le 5 janvier 2011 écrit par Sounya.

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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 16:09

 

 

L’oisiveté somnole.

 

Le temps s’allonge

 

sur le dos de l’instant.

 

 

Je me laisse quitter.

 

Le rêve sera long.

 

 

- 2 janvier 2011, Sounya

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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 10:33

 

 

La mélancolie

 

Avant même l’arrivée de la nuit, elle était déjà là, debout devant la fenêtre de ma chambre. Elle peignait ses longs cheveux soyeux reflétant le faible contour du paysage. Au loin, retentissait le sifflement d’un insecte ou d’un arbre.

 

 

- écrit par Sounya.

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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 16:14

 

 

 

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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 16:08

 

 

 

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A la Cité de la musique, Paris

 

Sir Jhon Eliot Gardiner et musiciens.

 

- 4 décembre 2010. sounya

 

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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 09:48

 

 

C'est le temps d'envisager la transformation de l'air dans ma poitrine.

 

J'avais envie d'inspirer cette brise hallucinogène.

 

Le vent de l'oubli qui me lessive.

 

J'entendrai enfin les battements du coeur des gouttes de rosée matinale.

 

Je n'aurai pas peur d'être transpercée par les flèches de lumière.

 

 

- écrit le 14 décembre 2010, Sounya.

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 10:55

Sounya Art Poétique

Sounya peint et écrit

             Snapshot_20110116_2-copie-1.JPG

 

Fille du peintre coréen Wondang (원당 황인현)

Sounya peint depuis son enfance.

 

Livres

         Ainsi ce

   Ainsi ce monde devient céleste

Poésies anciennes de femmes coréennes

traduites, illustrées par Sounya

Editeur Sounya

Disponible: sur Fnac

                             Amazon

 

 

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Traces et Signes

Poésies et tableaux d'encre de chine de Sounya

Editions Alternatives

Disponible chez Editeur Sounya

 

Exposition   

 

Exposition "Ainsi ce monde devint céleste"


              Affiche

                       


Les poésies anciennes de femmes coréennes

illustrées par Sounya.

Date: 11 janvier - 18 mars 2012

Lieu: Entrepôt Paris 14ème

 

Rensignements: www.lentrepot.fr

 

 

 

 Contact: pour tous les rensignements....

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