Jeudi 1 mai 2008



La quatrième couverture du roman " Pinceau ivre" - sortie prévue en novembre 2008.

 

 

Sounya Planes, artiste peintre. Née en Corée du Sud, elle vit en France depuis 1994.

« Pinceau ivre » est un roman inspiré de son enfance où l’auteur découvre la noblesse de l’encre de chine grâce à son père Wondang,  peintre errant, l’homme nuage.

Après la publication de « Traces et Signes », un recueil de tableaux et de poésies, Sounya Planes nous invite à nouveau à entrer dans son univers artistique finement tracé.




Avez-vous vu le nuage scintiller ? Je l'ai vu. Il a étincelé juste une fois avant de devenir gouttes de pluie. Un jour quand elles tapotaient mes épaules avec une senteur d'azur, je savais que c'était lui, le nuage scintillant.

 

 

 

 

 

 


par sounya publié dans : pinceau ivre 술취한 붓
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Mardi 10 juillet 2007
   


                               Pinceau ivre
                                            roman
                                         SOUNYA


        trace-et-signe-98-1-a.JPG         papa_3a.jpg



Un roman de Sounya qui va probablement sortir au début du décembre.


Le roman est inspiré de l'histoire de mon enfance. Mais il est  loin de mes expériences vécues. C'est une pure création littéraire.


Voici quelques extraits....

    


Je suis la fille de l’homme nuage.

 

Il était l’ami des montagnes et de la mer, du ciel.

Il écrivait des poésies et peignait des tableaux auxquels personne ne faisait attention.

Les artistes sont des parasites de la société, me disait-on.

A sept ans et demi, je décida résolument de ne jamais devenir artiste.

Néanmoins  le destin en décida autrement.

  

                                      
    
                                                              
"— La surprise! a-t-il dit avec un sourire liant.
J’ai regardé la tache rouge imprimée sur le papier.
— C’est mon nom! ai-je crié.
C’était bien mon nom qui ressemblait à un pétale de prunier rouge sur la neige d’avril, ou à une tache de sang frais tombée sur une robe de mariée.
J’étais éblouie et excitée par la tache rouge, et presque enivrée.
J’ai pris le sceau et tamponné plusieurs fois sur le papier. Les pétales de prunier rouges sont apparus partout, et elles ont commencé à danser à pas feutrés, puis à voltiger autour de moi.
Je ne savais même pas où étaient mes yeux.
— Alors, ça te plaît? 
C’est à ce moment où il m’a demandé si ça me plaisait que je suis sortie de l’excitation.
Et aussi, à ce moment là que j’ai été prise par son regard si tendre et si affectueux.
J’avais l’impression d’être enlacée par lui.
— Ca te plaît pas? m’a-t-il redemandé.
— Si, j’aime bien, ai-je répondu à peine.
Je suis sortie précipitamment de sa chambre.
J’ai couru jusqu’à la plage en serrant fort mon poing.
Lorsque j’ai ouvert ma main, mon sceau qui venait d’être sculpté, en avait rougi la paume. Comme si un ciseau avait ouvert là une petite plaie saignante. "
                                        - extrait de Pinceai ivre, sounya
 



"J’avais sommeil. Je me suis allongée et je voyais le visage du bossu à l’envers. Il me regardait de temps en temps avec ses yeux rieurs. A l’envers.
Devant mes yeux, le pinceau de papa faisait apparaître des fleurs rouges de prunier. Enflammé par l’émotion ou la passion, je ne savais pas trop, il voulait absolument peindre. J’ai essayé de garder les yeux ouverts. Mes paupières tombaient toutes seules. Je me suis frotté les yeux. Le bossu a pris ma tête avec ses mains et l’a posée sur son genou. Son genou était tout maigre.
Papa écrivait quelque chose à côté des fleurs rouges. Je me perdais dans le noir. Les écritures s’évaporaient une par une. J’entendais la voix de bossu qui appelait mon nom. Mais sa voix était trop lointaine et confuse.
Je lui ai demandé :
— Pourquoi m’appelles-tu de si loin ? 
Il ne me répondait pas.
— Viens, je ne t’entends pas, l’ai-je prié.
Une main caressait mon front. J’ai pris la main et l'ai amené sur mes lèvres. Ses doigts touchaient mon nez. J’ai reniflé. Une onde de vertige se propageait en moi. 
J’ai chuchoté :
— C’est à toi, cette main ? "
                                                  - extrait de Pinceau ivre, sounya


"Il a sorti ses pinceaux et la pierre à encre. Ensuite il a pris la bouteille de saké, et en a versé sur la pierre.
— Mon pinceau a soif d’ivresse. Ivresse des couleurs, ivresse des poésies.
J’ai pris le bâton d’encre et commencé à frotter sur la pierre.
— Vois-tu quelque chose ? m’a-t-il demandé. C’était une vieille habitude.
J’ai regardé attentivement l’eau qui se transformait en encre. Elle n’était ni transparente ni opaque, ni blanche ni noire. La surface de l’eau brillait plutôt en argenté. J’ai déplacé un peu les yeux. Cette fois-ci, je voyais un ciel nuageux. Je voyais aussi un lac paisible et calme. Et encore une forêt de bambous où le vent passait en susurrant, un espace inconnu où des milliers d’ étoiles clignotaient. Petit à petit un vide est apparu, un néant, la quiétude.
— Oui, je vois des choses, papa, lui ai-je répondu.
— Dis-moi, que vois-tu ?
— Je vois ce que j’imagine.
— Bingo ! C’est la fenêtre de ton imaginaire.
— Mais pourquoi, je vois le vide à la fin ?
— Cela veut dire que tu es prête à peindre."
                                               - extrait de Pinceau ivre, sounya
 
 
par sounya publié dans : pinceau ivre 술취한 붓
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